Bourse : comment ne pas tomber malade ?

Bourse : comment ne pas tomber malade ?

Quelle misère de trouver une action capable de performer dans un cycle haussier mais aussi capable de résister en cas de nouveau Trafalgar sur les marchés ! Quel placement choisir ? Faut-il encore aller en Bourse docteur ? Surtout que la galère est loin d’être terminée : la croissance n’est pas pour tout de suite, les marchés émergents ralentissent et la rigueur imposée aux pays développés ne va pas inciter leurs peuples à consommer, à investir ou bien sûr à relancer leur économie.

Le meilleur choix ? Fermer les yeux et mettre le doigt au pif sur une valeur de la liste du CAC 40 ? C’est peut être la solution, mais je vais quand même vous donner deux-trois astuces pour éviter le petit rhume qui finit à l’hosto… Nombre de petits porteurs ne se sont jamais remis de l’éclatement de la bulle Internet au début du siècle ou de l’après Lehman Brothers en 2008…

D’abord, il est vital de s’intéresser à une société cotée en profondeur, pas seulement parce que votre voisin vous a parlé d’un tuyau dans la 15ème de Vincennes. Quelques critères financiers doivent être scrutés à la loupe. Avec la crise de la dette souveraine européenne, les investisseurs n’apprécient guère les valeurs très endettées, et ils le font savoir. Peugeot, le constructeur automobile français, endetté depuis un long moment, a annoncé en 2012 un plan de cession d’actifs d’environ 1,5 milliard d’euros pour consolider son bilan. Il a déjà vendu sa société de location de véhicules Citer, et souhaite céder des biens immobiliers notamment son siège social dans Paris mais surtout sa filiale spécialisée dans logistique, Gefco. Le groupe PSA n’est pas le seul de ce cas-là, le cimentier Lafarge du fait d’une dette énorme est également contraint depuis plusieurs années à se recentrer sur son cœur de métier. Avec une croissance financée à crédit depuis plusieurs décennies, on a même oublié que certaines sociétés pouvaient disposer de cash. Cap Gemini possédait une trésorerie nette de plus de 1 milliards d’euros, en 2009 et 2010. En 2011, le groupe a cassé sa « tirelire » pour réaliser quelques emplettes dans les pays émergents, mais restent tout de même de 454 millions d’euros. Steve Jobs avant de quitter cette terre a laissé un beau trésor de guerre à Apple, une trésorerie nette de plus de 95 milliards de dollars. Ça laisse de quoi voir venir…

L’autre aspect financier à bien observer méticuleusement est la rentabilité. Une société qui perd du fric trop souvent ou sur plusieurs années de suite n’est pas encourageante. Une perte ponctuelle peut toutefois être une porte d’entrée sur une société cotée, mais il faut que la direction ait engagé un plan d’actions pour redresser la barre. Un truc qui fait plaisir aux investisseurs – mais pas forcément aux salariés – est le bon vieux plan de restructuration avec la clé quelques emplois de services généraux en moins ou encore un gel des embauches et des salaires. Une des sociétés passées expertes dans les plans d’économies est Air France KLM. Avec une rentabilité dans le rouge, la compagnie aérienne a multiplié les programmes pour sortir à nouveau la tête de l’eau. Affaire à suivre pour cette dernière.

Allez un dernier petit truc à regarder avant de passer à l’acte et passer quelques ordres de Bourse. Il est nécessaire d’examiner attentivement l’activité de la société. Savoir si le secteur risque de profiter de la conjoncture économique des années à venir ou bien justement être fortement pénalisé. Actuellement, l’horizon s’assombrit fortement pour l’Europe, les prévisions de croissance ne sont pas folichonnes et souvent revues à la baisse. Le fonds monétaire international (FMI) considère que « la zone euro devrait connaître une récession modérée et le reste du monde un ralentissement ». L’instance internationale table sur une récession de 0,5% en zone Euro en 2012 et sur une croissance de 0,8% en 2013. Spécifiquement pour la France, elle anticipe respectivement pour 2012 et 2013 un taux de croissance de 0,2% et 1%. Dans cet environnement, il est préférable d’investir sur des sociétés dont l’activité est régulière, peu exposée aux à-coups conjoncturels. Certains éditeurs de logiciels répondent parfaitement à cette problématique. Certains seulement. Les sociétés Linedata Services, Pharmagest Interactive ou Sidetrade affichent par exemple plus de 70% de leur chiffre d’affaires lié à des activités récurrentes comme la maintenance matérielle ou logiciels et/ou la fourniture d’applications vendues sous forme d’abonnement, ce que les spécialistes appellent le Software as a Service (SaaS). Le secteur pharmaceutique est également perçu comme résilient en cas de récession, les personnes étant bien obligées de se soigner, crise ou pas crise. Tout comme l’agroalimentaire, les individus sont contraints de manger pour vivre malgré une baisse de leur pouvoir d’achat.

Avec ces premiers conseils, vous disposez de premiers remèdes pour garder votre portefeuille en bonne santé. A suivre…

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