Secteur bancaire : accro aux médicaments ?

Secteur bancaire : accro aux médicaments ?

Depuis le début des galères financières et économiques en 2008-2009, les valeurs bancaires trustent le devant de la scène boursière mondiale. Dès le moindre éternuement, on va voir le malade, on lui demande comment il va, on lui fait des injections régulières (par milliards !!!) pour le maintenir en vie. Mais le patient reste malade. Dernièrement, les établissements financiers ont retrouvé des couleurs.

Début de convalescence ?

Les valeurs bancaires n’en sont pas à leur coup d’essai. Les fausses joies sont nombreuses avec elles… Elles alternent des coups de mieux avec de sévères rechutes depuis trois ans. Au cours du premier trimestre 2012, les établissements financiers ont fortement rebondi. Le traitement ? Merci au docteur en chef la Banque Centrale Européenne (BCE) qui a procédé à deux grosses opérations de refinancement illimité sur trois ans (LTRO) accordées aux banques. Ces deux traitements de choc ont permis d’écarter temporairement le risque de faillite systémique, c’est-à-dire une faillite en cascade des banques européennes. Cependant, ce remède de cheval n’aura pas tenu longtemps. Dès le mois d’avril, les banques ont recommencé à tousser. Les causes ? Les tressaillements du secteur financier espagnol au bord du gouffre (pas facile de s’en sortir avec un chômage qui explose et un secteur immobilier plus bas que terre) et leur exposition aux pays périphériques du sud de la zone Euro (Italie, Portugal, Espagne…).

Au cours de la première semaine du mois de juin 2012, le secteur s’est revigoré, engrangeant un gain de plus de 10%. A la clôture le 7 juin 2012, l’action BNP Paribas a progressé de 12,71% sur la période, celle de la Société Générale a grimpé de 10,37% et le Crédit Agricole de 9,09%. Pourquoi ? Cette hausse est encore moins tangible que la précédente puisque les investisseurs parient sur des hypothèses. Ils misent sur un renflouement des banques espagnoles dans les semaines à venir par le docteur en chef pour éviter à nouveau l’effet domino au sein des banques… Autre sujet de rêverie, les opérateurs de marché jouent la mise en place d’un troisième quantitative easing (QE3), soit un enième plan d’assouplissement monétaire par les Etats-Unis. Heureusement que l’Oncle Sam est là pour nous donner la main sinon la guérison serait trop longue. Ces deux possibles antibiotiques sont très favorables aux établissements financiers. Toutefois, il faut clairement ouvrir les yeux, les « vrais maux » ne sont pas soignés pour autant, ce sont juste des bandages sur des plaies ouvertes. L’égarement économique et financier de la Grèce (notre boulet préféré) et de l’Espagne (deuxième boulet adoré) fait subsister des craintes sur la survie de la zone Euro et notre chère monnaie unique l’Euro. C’est ça de construire à la va-vite une union économique et monétaire…

Ce rebond à court terme des valeurs financières ne peut faire oublier les dernières années et la mutation douloureuse du secteur. En moins de 20 ans, notre cher banquier était devenu un agent de change, un trader, un conseiller clientèle à l’occasion ou encore un spécialiste des fusions-acquisitions. Les autorités financières de contrôle commencent à lui imposer des règles qui l’obligent à retourner à ses premières amours, c’est-à-dire encaisser des dépôts pour prêter de l’argent via des crédits, avec en prime un renforcement de ses fonds propres. Pour conclure, je vais juste vous notifier les performances sur cinq ans des banques. En une demi-décennie, le cours de Bourse des trois principales banques françaises a été divisé par plus de 2…

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