Valeurs Internet : retour de la folie des années 2000 ?

Valeurs Internet : retour de la folie des années 2000 ?

Après la bulle Internet de la fin des années 1990, la bulle Web 2.0 du début des années 2010 ? Un parfum d’antan souffle sur le marché actions américain. La preuve : le Nasdaq, qui a dépassé temporairement la barre des 3.000 points il y a quelques jours, retrouvant son niveau de décembre 2000. Un rebond largement alimenté par l’attractivité des réseaux sociaux et sites à vocation plus ou moins communautaires qui ont récemment frappé à la porte des marchés financiers.

Le marché est tenu en haleine par l’introduction en Bourse de Facebook, le réseau social qui a révolutionné le quotidien de millions d’internautes au cours des dernières années. Cette levée de fonds devrait intervenir dans quelques mois. Mark Zuckerberg, le fondateur, a déposé son dossier d’introduction auprès de la SEC, le gendarme de la Bourse américaine, fin janvier 2012. Quelques chiffres pour vous montrer la puissance de la « start-up » qui n’en est plus vraiment une… Facebook devrait avoisiner les 75 à 100 milliards de dollars de capitalisation pour un chiffre d’affaires 2011 de 3 milliards de dollars et un bénéfice net de 1 milliard de dollars. En 2008, le bébé de Zuckerberg n’avait encaissé que 272 millions de dollars de revenus pour une perte nette de 56 millions. En terme de membres, il compte 800 millions de personnes inscrites, le potentiel est énorme sachant que la population mondiale a dépassé le cap de 7 milliards en 2011, dont près d’un tiers est connectée à Internet, soit plus de 2,2 milliards d’individus. Son plus grand rival, Google, a bien tenté d’enrayer la machine avec son réseau social Google+, sans grand succès pour l’instant… Reste à savoir si le modèle économique perdure mais surtout si Facebook sera en mesure de garder une longueur d’avance. Les modes sur internet se défont plus vite qu’elles ne se font…

Cet engouement pour le Web 2.0 ne concerne pas que Facebook. Les dernières cotations telles que celles de Groupon, LinkedIn ou la petite dernière Yelp ont cartonné. Yelp, site de recommandations de services (restos, pubs, e-commerce), s’est envolé de plus de 60% le 2 mars 2012 pour son premier jour de cotation. Passées les premières séances généralement très porteuses, l’enivrement n’est pas forcément durable. Groupon, le site d’achats groupés, est légèrement en dessous de son prix d’introduction (20 dollars). Pandora, site de radio en ligne, a perdu plus de 10% par rapport à son cours initial de 16 dollars. Petite exception, le réseau social professionnel LinkedIn évolue à plus de 80 dollars contre 45 euros à l’introduction. La croissance de ces entreprises technologiques fait rêver mais les modèles économiques ne sont pas toujours bien établis, un peu à l’image de Netscape aux Etats-Unis, à la préhistoire d’Internet. Les patrons peinent souvent pendant plusieurs années avant de dégager un bénéfice durable, s’ils y parviennent. Il faut donc rester très vigilant et avoir en tête la crise des valeurs technologiques de 2000-2001. Si vous vous hasardez sur ce type d’investissement, une analyse minutieuse du business plan est obligatoire (activité, bénéfice, secteur, actionnaires…). Pensez aussi à identifier d’éventuels acheteurs qui peuvent procurer une porte de sortie honorable aux actionnaires minoritaires en cas d’OPA, à défaut de hausse des cours alimentée par un croissance bénéficiaire.

Tenté d’investir dans des valeurs Web 2.0 en France ? Si l’usage de Facebook ou Twitter est en plein boom en France, force est de constater qu’il n’y a pas de petit Facebook bleu-blanc-rouge coté à Paris. C’est peut être mal un pour un bien car un investissement sur ce type de société peut s’avérer très périlleux si on ne joue pas les capitaux-risqueurs (investir sur 10 boites, dont une seule exploserait et épongerait le dépôt de bilan des 9 autres, en schématisant). Petite histoire personnelle du doc, j’ai encore en mémoire un douloureux investissement sur Liberty Surf, un des premières fournisseurs d’accès à internet et Iliad (Free) n’était pas encore coté. Depuis, j’ai pu me refaire…

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